Favoriser les activités

Pour les personnes présentant des troubles cognitivo-mnésiques, plusieurs activités deviennent difficiles voire impossibles à réaliser en raison des troubles de la mémoire, des problèmes physiques, des difficultés à se concentrer ou à entreprendre seul une activité.

Toutefois, les tâches domestiques et les activités de loisirs aident à structurer les journées, à avoir des contacts avec autrui et révèlent la personnalité. Conserver le plus possible les activités habituelles de votre proche, celles qui lui plaisent et ont un sens pour lui, continuer de cultiver ce qui est important dans son quotidien, lui permettre d’encore vivre ses passions, l’encourager à montrer de l’intérêt pour une activité est essentiel pour qu’il continue à vivre sa vie.

Certes, certaines activités sont devenues trop compliquées pour lui. Il s’agit d’évaluer s’il est possible d’adapter l’activité, de l’accompagner pour la mener à bien ou alors de la remplacer par d’autres plus valorisantes (une personne manuelle aimera préparer les repas, une personne s’intéressant aux objets aimera faire des collections). Il n’est pas non plus exclu de trouver des nouvelles activités en tenant compte des goûts et des possibilités de votre proche. Assistez-le et simplifiez un maximum les objectifs (tricoter une écharpe au lieu d’une chaussette, simplifier les règles d’un jeu). Si cela ne marche pas, ce n’est la faute ni de l’un ni de l’autre. C’est en faisant des erreurs que l’on accroît son domaine de compétence.

Les activités permettront à votre proche de stimuler et renforcer ses capacités physiques et mentales, de maintenir son indépendance, de dépenser et faire circuler son énergie (ce qui favorise le sommeil nocturne), de rester actif et finalement de mener une vie aussi normale que possible. Tout ce qu’il pourra accomplir sera source de plaisir ainsi que de bien-être et renforcera son estime de lui-même. Après une activité valorisante, on est étonné de voir les connexions fonctionner nettement mieux, le regard briller, la parole se libérer… Le but est de prendre du plaisir, ne vous focalisez pas sur la réalisation parfaite de l’activité.

Des capacités sont préservées, il faut les découvrir et les utiliser. Pour cela, une phase d’exploration et d’essais est nécessaire afin de chercher avec la personne ce qui lui serait agréable et valorisant de faire. Dans beaucoup de domaines, il est possible de reconstruire autre chose. L’idée est de répartir les compétences suivant une nouvelle carte géographique afin que chacun participe à la vie commune. Toutefois, veillez à ne pas sur-stimuler votre proche : n’oubliez pas qu’il se fatigue rapidement.

La participation aux tâches domestiques (jardiner, balayer les feuilles, mettre la table, éplucher les légumes, laver la voiture) est par exemple souvent appréciée car ce type d’activités font sens pour votre proche et sont valorisantes. Elles lui permettent de participer à la gestion de la vie quotidienne, de se sentir utile, de renforcer sa confiance en lui et de prendre du plaisir. Avec l’évolution des troubles cognitifs, certaines activités à caractère répétitif (plier des linges, trier les chaussettes, remplir des boîtes) seront plus dans ses cordes et lui permettront de maintenir son rôle au quotidien.

En revanche, toutes les activités où il faut gérer des informations liées au temps et à l’espace, comme les tâches administratives ou la gestion des comptes bancaires, sont à éliminer car elles demandent trop de concentration. Trouvez quelqu’un pour gérer ou vous aider dans ce domaine car vous risquez d’y dépenser une énergie précieuse.

Il est également important de valoriser les activités de votre proche et de le replacer dans une position de quelqu’un qui sait, qui fait, qui donne, (par exemple en lui demandant un service) ceci afin de rétablir l’équilibre d’une relation où l’autre est atteint dans sa dépendance.