Philosophie

« La Valse du Temps » s’inspire des établissements type « CANTOU », de petites unités de vie où les activités sont centrées autour des nécessités de la vie quotidienne. Le temps s’organise donc en fonction de ces dernières : déjeuner, lecture du journal, préparation du repas, apéro, repas, repos, activités, collation, … Se centrer sur ce qui est le plus proche de la vie habituelle, cultiver ce qui est évident au quotidien, favorise le bien-être, l’indépendance, le sentiment d’être en sécurité, et finalement le maintien de la qualité de vie des hôtes.

Le CANTOU est un terme qui provient de la langue occitane, signifiant le « coin du feu ». Il s’agit ainsi d’un lieu de vie communautaire où est développé un mode de vie fondé sur la communication, l’entraide et les relations.

Vivre en communauté

Il s’agit tout simplement de continuer à vivre ensemble, en assumant, dans la mesure de ses possibilités et avec l’aide des autres, les activités quotidiennes nécessaires à la vie. Chacun participe ainsi à la vie commune.

Vivre ensemble permet d’éprouver le sentiment d’appartenir à une communauté où chacun a sa place, un rôle reconnu par le groupe, la légitimité d’avoir son mot à dire et ses actions à mener, mais aussi de retrouver une autonomie collective face à la perte d’autonomie individuelle. Ainsi, par exemple, la préparation du repas qui n’est plus possible par l’hôte, le devient dans un environnement protégé grâce à l’entraide du groupe et des professionnels.

Ce mode de vie assure également la convivialité, l’entraide, la solidarité, et évite l’isolement de la personne présentant un syndrome cognitivo-mnésique. Des conversations s’établissent, des liens se nouent, des relations se tissent, des échanges se passent, certains apportent leur aide à d’autres, le plaisir d’être ensemble est présent.

Un prendre-soin personnalisé

Le prendre-soin va chercher à aider l’hôte à vivre, malgré et avec la maladie qu’il éprouve et qui l’éprouve sans être écrasée par elle, c’est-à-dire l’aider à maintenir le meilleur état psychique, émotionnel et physique, à conserver la confiance en ses capacités, à se sentir en sécurité affective, à agir sur son environnement, à être en relation avec les autres, à donner du sens à ce qu’il vit ; en d’autres mots, l’aider à continuer à se développer.

La personne n’est pas réductible à ses troubles, ces derniers étant considérés comme des modes de communication et non comme uniquement des problèmes à gérer. La valeur de l’individu ne dépend pas de l’état de ses capacités cognitives.

Ainsi, toute personne, même présentant un syndrome cognitivo-mnésique, existe en tant qu’être humain doté de sa propre personnalité et ayant des besoins physiques, psychiques, émotionnels, relationnels, sociaux et spirituels, des souhaits, des envies et des désirs personnels.

De ce fait, l’accompagnement n’est pas standardisé mais personnalisé, tenant compte de la manière d’être au monde de chacun. Il est basé sur le respect de l’individualité et de l’identité de la personne qui doit pouvoir continuer à vivre sa vie à sa manière. Il s’agit de reconnaître sa perspective, la façon dont elle perçoit l’environnement qui l’entoure, la manière dont elle éprouve, vit (avec) la maladie en fonction de son histoire, de son état psychique et physique, de ses difficultés et de ses ressources, de ses valeurs, de ses relations, …

Il s’agit également de fournir un environnement social soutenant, apte à compenser les difficultés mais aussi à fournir le plus d’occasions possibles d’agir, de modifier, d’interagir, d’apprendre, d’éprouver, …  

Des activités adaptées pour ne pas « faire à la place », une stimulation ajustée et le maintien de l’utilité sociale

Les professionnels ne font pas à la place de l’hôte mais apportent leur aide tout en lui laissant faire tout ce qu’il peut encore. Ils se basent sur ses ressources et ses capacités, les étayent, les avive, condition essentielle pour préserver son indépendance le plus longtemps possible, se sentir actif et renforcer le pouvoir sur ses activités et son environnement.

De cette manière, l’hôte peut refaire des gestes et des actions de la vie quotidienne qu’il ne faisait plus ou pensait ne plus pouvoir faire. Il retrouve confiance en ses capacités et en lui-même. Son estime de lui-même est renforcée et souvent un nouveau désir d’agir sur les activités apparaît. Il est acteur de sa vie. Les professionnels travaillent donc à (re)donner un maximum de maîtrise sur ce que la personne vit.

Par ailleurs, la journée s’organise entre des temps d’activités et des temps de repos en fonction des besoins et des habitudes des hôtes.

Grâce aux différentes activités et à la place que chacun prend dans le groupe, l’hôte retrouve un rôle social où il se sent utile et valorisé, ce qui renforce également son estime de lui-même.

Le bien-être de l’hôte

A « La Valse du Temps », le bien-être et le respect de l’hôte se trouvent au centre de l’accompagnement. Les situations pouvant mettre en échec l’hôte ou provoquer de l’angoisse sont évitées pour en proposer d’autres qui lui permettent de se sentir émotionnellement en sécurité.

Cela implique de connaître les troubles cognitifs de l’hôte, de le comprendre sans le juger, de s’ajuster à ses ressources et à ses difficultés, de s’appuyer sur son état émotionnel, de valider son ressenti et sa perception de la réalité, de proposer divers tons, divers mots, de la chaleur, de la tendresse, de l’empathie, de lui montrer qu’il compte pour nous.

L’utilisation de ses capacités, la confiance des autres et leurs regards valorisants, la possibilité d’agir, de jouer un rôle, de se sentir utile va favoriser le respect de soi, la confiance en soi et à l’estime de soi, et par conséquent le bien-être.

Un environnement adapté et sécurisant

Le cadre de vie est aménagé de manière adéquate et adapté aux besoins de l’hôte, afin que celui-ci s’y sente bien et en sécurité. Les différents espaces sont ainsi accessibles et rassurants, notamment par leur lisibilité. Les professionnels ont donc toujours la possibilité de veiller sur les hôtes, qu’ils se trouvent dans n’importe quelle pièce.

La famille comme partenaire

Les professionnels n’accompagnent pas seuls l’hôte mais avec la famille, chacun apportant la part d’aide qui lui est possible. Il y a donc complémentarité.

Le plus important : être avec l’hôte

Ou autrement dit, la personne passe avant la tâche, l’être avant le faire, la relation avant l’agir, …ce qui permet d’être ici et maintenant avec l’hôte.